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Histoire de Vendeville

PAR VINCENT LOISEL

LES RECHERCHES

En 1987, Mesdames Danièle CONSTANZO JAMOIS et Véronique GITS HAUSPIE publient le premier numéro d’une série de six fascicules intitulés SI VENDEVILLE M’ÉTAIT CONTE.

Quelques années plus tard, Madame Anick VITEL dans son ouvrage LE TEMPS AU TEMPS présente une étude très poussée de l’histoire de notre commune jusqu’au dix neuvième siècle. Ces documents sont aujourd’hui quasi introuvables.
En quelques années l’amateur d’histoire a vu ses outils évoluer :
Aux archives les fiches en carton ont été remplacées par des logiciels de recherche très puissants. Des livres numérisés sont accessibles de chez soi en évitant de fastidieux déplacements.
Après la photographie argentique lourde dans des applications et les photocopies de qualité moyenne, la photographie numérique qui donne au lecteur un contact très fidèle avec le document original.
Internet offre un support évolutif qui permet d’enrichir l’information au fur et à mesure de la recherche et de la rédaction.
Avec ces nouveaux outils, il m’est possible de continuer l’œuvre de mes prédécesseurs, après avoir relu tous les documents originaux et en ayant eu accès à de nouvelles sources inédites.

Dans le journal municipal, puis sur ce site, je vous invite à découvrir notre l’histoire, au fil de son écriture .C’est un travail qui s’inscrit dans la durée pour que chacun puisse s’approprier sa commune.


LE NOM DE NOTRE COMMUNE

Notre commune existe administrativement depuis la loi du 14 décembre 1789. Toutefois une trace écrite du nom existe au 13° siècle L’orthographe a évolué au cours du temps nous pouvons trouver : Vendeville, Venduile, Vendville ,Vendvile .La terminaison est toujours ville, elle se trouve dans de nombreux noms de communes et de noms de famille. La villa latine était une ferme. Le début du nom désigne celui du propriétaire qui aurait pu être Wendin ou Wendulf, noms courants dans notre région avant l’an mil.
Il existe d’autres étymologies mais elles sont critiquables. L’hypothèse évoquant le vent d’huile et sa mauvaise odeur ne me semble pas acceptable. Le fait de designer une commune par une nuisance ne peut pas être acceptée par ses habitants.
Deux autres étymologies, constructions de latinistes ont pu être avancées : Vandalorum villa, la ferme des Vandales et Venus Dea Villa, la ferme de la déesse Venus. D’une part, aussi romantiques soient elles, elles ne sont pas confirmées par une découverte archéologique, d’autre part le latin était la langue des élites mais pas celle des habitants.


LE SCEAU DE LA MAIRIE ILLUSTRE LES RÉGIMES QUI SE SONT SUCCÉDÉS

 SCEAU DE 1811

La commune n’existe que depuis 1790, le plus ancien sceau municipal porte les symboles de l’empire

 SCEAU DE 1818

Suite à la chute de Napoléon, Louis 18, frère cadet de Louis 16, rétablit la royauté.
 SCEAU DE 1850

Sous la seconde république, le secrétaire général de la Préfecture écrit au citoyen maire de Vendeville et termine sa correspondance par la formule de Politesse « Salut et Fraternité »

 SCEAU DE 1862

Louis Napoléon Bonaparte parle du coup d’état du 2 décembre 1851 qui mis fin à la 2°république, il rétablit ainsi l’empire à son profit et règne sous le nom de Napoléon 3, l’aigle revient sur les actes officiels.

 SCEAU DE 1914

Il figure sur une réquisition. Le lieutenant allemand qui administre la commune ne dispose pas encore du tampon de la kommandantur locale, il utilise donc celui de la mairie pour authentifier ses actes.

 SCEAU DE 1944


VENDEVILLE EN 1693

Les archives municipales de Roubaix nous permettent de découvrir, sur un plan avec des petits dessins coloriés, Vendeville à la fin du XVIIe siècle. A cette époque la propriété foncière est morcelée. Le seigneur du Breucq dit « de Roubaix » fait établir une carte de ses terres dans Le Mélantois par Olivier Six, arpenteur assermenté des villes et Pays de Lille. Sa terre se situe le long du chemin du corbillon allant de Vendeville à Avelin. Elle est entourée par les propriétés de Marie Dumortier, de Pierre Barbier et des héritiers Morel.

Le hameau de Vendeville est représenté par une dizaine de maisons qui peuvent correspondre à une population de l’ordre de 200 habitants.


LE 20 FÉVRIER 1790, VENDEVILLE DEVIENT UNE COMMUNE

Le 20 février 1790, à 9h00 du matin, les citoyens actifs du Hamel de Vendeville, Paroisse de Lesquin, Châtellenie de Lille se réunissent en la demeure de Nicolas Caby pour élire directement leur maire et leur conseil général, pour un mandat de deux ans.
Vendeville devient alors une commune à part entière conformément au décret du 14 décembre 1789 qui précise :

Article 4 : Le chef de tout corps municipal portera le nom de maire
Selon la loi seuls les hommes de plus de 25 ans qui paient un impôt correspondant à la valeur locale de trois jours de travail sont citoyens actifs et électeurs ; pour être éligible le montant de l’impôt doit s’élever à dix jours de salaire. Vendeville compte alors 200 habitants, 60 ménages, compte tenu des chiffres bas des salaires, six hommes sur dix sont citoyens actifs ; la pièce d’une maison suffit pour réunir les votants.
Athanase, Joseph Barbieux est le premier maire de notre commune. Il est assisté par deux officiers municipaux, Louis Choquet et Pierre Thibaut pour constituer le corps municipal. Le procureur, Barthélémy Choque, sans voix délibérative est chargé de défendre les intérêts de la commune.
Les six notables sont élus. Ils ne siègent que pour les questions importantes, conformément à l’article 54 : Le conseil général de la commune composé tant des membres du corps municipal que des notables sera convoqué toutes les fois que l’administration municipale le jugera convenable.
Le conseil général de notre commune ne siège que quelques années car la constitution instaurée le 22 août 1795 (5 fructidor an III), met en place les municipalités cantonales. Chaque commune élit dorénavant un agent municipal qui participe à la municipalité cantonale qui siège à Seclin. L’agent municipal passe sous l’autorité des “présidents des municipalités cantonales”.
La constitution du 13 décembre 1799 (22 frimaire an VIII) revient sur l’élection du maire qui est nommé par le préfet. Il est chargé seul de l’administration de la commune et ne consulte les conseillers que s’il le juge utile.
Le 2 mars 1948, le suffrage universel masculin est proclamé. De 1848 à 1851, le maire des communes de moins de 6000 habitants est élu par le conseil municipal. Pendant tout le second empire, jusque 1871, les maires sont à nouveau nommés par le préfet pour 5 ans.
En 1871 les petites communes retrouvent le droit d’élire leur maire.


LES LIMITES DE VENDEVILLE ONT ÉTÉ FIXÉES EN 1811

Le 25 septembre 1811, Les limites du territoire de la commune sont établies.

En France, le tracé des limites du territoire des communes, par son aspect tourmenté a de quoi rendre perplexe l’observateur.

Vendeville est une commune indépendante de Lesquin depuis décembre 1789 et a élu son premier maire le 9 février 1790. Le cadastre est une création du ministère des finances  qui publie en 1811 des instructions pour son établissement.

Le 25 septembre  1811, le contrôleur des contributions directes et un géomètre nommé par le préfet  parcourent les limites de Vendeville dans le sens horaire, à partir du point commun le plus au nord commun avec la commune de Fâches.

Crépin LAMBLIN, le maire, accompagné de ceux de Fâches, Lesquin, Fretin, Avelin et Templemars, constatent contradictoirement la démarcation du territoire de la commune. Nous sommes donc héritiers d’une époque ou les champs étaient de petite taille. Le tracé des limites de la commune, sur les indications des élus, suit leurs contours, et ne pouvait donc en aucun cas être rectiligne


LE 15 DÉCEMBRE 1812, NAPOLÉON Ier A VENDEVILLE

En visite à Lille, Napoléon, venant de Douai descend de cheval sur le territoire de notre commune pour prendre ses précautions avant d’entrer à Lille. Son cheval fait de même, dès cet instant il entre dans la légende au même niveau que Roland et son cheval Bayard à Mons en Pévèle. Dans tous les récits, les chevaux sont les compagnons des héros. Les faits peuvent difficilement être prouvés car les biographes tiennent rarement comptabilité d’évènements aussi prosaïques.

Depuis, ce lieu-dit du territoire de Vendeville porte le nom fort amusant de LA PISSATIÈRE. Cette auberge très ancienne, comme l’atteste sa cave voutée en pierres blanches est située à la limite Nord-est de notre commune, à l’intersection de la RN17 qui relie Douai à Lille et de la N 352, de Vendeville à Lesquin.

Ce carrefour est très animé .Il voit passer tous les personnages célèbres qui sont venus visiter Lille. Les Vendevillois s’y rendaient pour y prendre les bus Citroën de la ligne Lille-Douai. Le Dimanche, les roubaisiens qui allaient prendre l’air au bois de Phalempin arrivaient par la route de Lesquin.

En 1937, Le GAO 501 (Groupe Aérien d’Observation) commence les travaux de construction de la base à l’Est de la RN 17. A partir de 1939, les constructions sont poursuivies par les anglais qui coupent la RN 17 à la Pissatière et à l’entrée d’Ennetières en Mélantois .Les allemands multiplient par trois la surface de l’aérodrome appelé « Flugplatz -Vendeville ». La ferme et les quatre maisons du hameau de la Rousse Patte, qui est aussi sur le territoire de Vendeville sont abattues. La famille Descamps ne dispose plus que du rez- de- chaussée car des soldats de la Luftwaffe logent à l’étage et sembleraient y avoir stocké des documents.

Au printemps 1944, ils sont expulsés et ouvrent un nouveau café rue du Marechal Leclerc, en contrebas du rond point de Lesquin. Avant de partir, les occupants dynamitent le café dont il ne subsiste qu’une partie de la façade et la cave.

 En venant de Ronchin, La RN17, coupée par le poste de garde de l’aérodrome

 Façade avant, de la maison dynamitée, la droite du pignon est partiellement détruite

Façade arrière de la maison qui atteste de la violence de l’explosion

En décembre 1944 une compagnie du bataillon de l’air de Lille s’installe de façon sommaire avec les anglais.

Le café-tabacs est reconstruit en 1949. Malgré la coupure de la RN17, l’axe Vendeville Lesquin est encore animé. Dans la cour, un gallodrome permet l’organisation de combats de coqs.

En 1955, l’autoroute, 2×2 voies séparées par des buissons, coupe le territoire de Vendeville en deux et isole définitivement la Pissatière. Ceci n’empêche pas les habitués de continuer à fréquenter ce café. Si lors d’une promenade vos pas vous mènent dans ce coin chargé d’histoire mais oublié de notre commune, entrez.

Vous ne pouvez pas dire que vous connaissez Vendeville si vous n’êtes jamais entré à La Pissatière.


1815-1818 : L’OCCUPATION DE GARANTIE

Après la défaite de Waterloo, suite au traité de Paris signé le 20 novembre 1815, sept départements du nord de la France sont occupés par 15 000 hommes sous la direction de Wellington.
Plusieurs pages de la comptabilité municipale, signées par le maire Louis LAMBLIN, attestent de ces évènements.
Dix hussards hanovriens du régiment du Prince Régent sont hébergés dans notre commune jusqu’en août 1818.
Le reste du peloton est à Lesquin. Tous les quatre jours un fermier est désigné pour aller chercher quarante rations de pain, de légumes et de viande, avec une voiture à un cheval, au magasin de Pont à Marcq. Il est indemnisé à raison de 35 centimes de francs pour chaque transport. Ce qui correspond à une demi-journée de salaire d’ouvrier.
L’été 1816 est froid et pluvieux. La moisson nulle. La population a des difficultés à se nourrir.
En 1820, les Vendevillois qui ont hébergé un hussard et son cheval seront indemnisés neuf centimes par jour d’été, quinze centimes par jour d’hiver auxquels il faut ajouter trois centimes pour le cheval.
Contrairement à ce qui s’est passé dans d’autres villages, cette occupation ne semble pas avoir donné lieu à des incidents notables.


LA GARDE NATIONALE EN 1831

L’an mil huit cent trente et un, le douze août à dix-sept heures, 19 gardes nationaux sont convoqués en la salle de la maison commune de Vendeville, pour les élections de leurs Officiers, Sous-Officiers et Caporaux.
Étant réunis au nombre de 10, sans armes et sans uniformes, en présence de M. Louis Lamblin, Maire de la commune à l’époque, les gardes nationaux élisent le fils du maire, Édouard, au grade de Sous-Lieutenant.
Un courrier du Maire de Seclin au Préfet, en date du 26 juin 1831, nous indique que le bataillon cantonal composé des gardes de Houplin, Lesquin, Noyelles, Seclin, Templemars, Vendeville et Wattignies a un effectif de 900 hommes.
Ronchin et Faches sont rattachés à Lille extra muros. L’effectif de Vendeville, entre 1831 et 1851, varie entre 19 et 28 hommes, rattachés à la compagnie de Lesquin d’un effectif total de 118 hommes.
La commune possède un local appelé le corps de garde pour abriter les gardes de service. En fait il sert un peu à tout. En 1840 il doit être réparé, ce qui n’est pas possible car il abrite une indigente qui est tombée malade.
Les travaux sont reportés mais le conseil municipal supplie le Préfet de lui accorder, quand même, une subvention de 200 Frs.
A la Mairie, il y a 5 ou 6 fusils pour les patrouilles nocturnes. Ce sont des reliquats des guerres de l’Empire, impropres à un usage militaire.
En 1851, suite à la dissolution de la garde nationale, ils doivent rentrer dans les arsenaux.
Les domaines, conformément aux clauses de la remise des fusils vingt ans plus tôt, mais avec une mauvaise foi évidente compte tenu de leur vétusté exigent auprès des communes des frais de remise en état.


VENDEVILLE 1844, NAISSANCE DE AUGUSTE THIBAUT

Nous ne saurions presque rien d’Auguste THIBAUT si un exemplaire de la revue « La Culture physique », un mensuel illustré, paru en octobre 1938, n’était parvenu jusqu’à nous.

Un lillois, Achille PICQUET qui l’a connu, raconte sa vie vingt-cinq ans après son décès. Faute de photos d’époque, les illustrateurs de presse n’ont pas fait dans la demi-mesure.

Auguste est né dans la commune le 11 mars 1844 de parents agriculteurs, toute sa vie il y exerça l’honorable profession de garçon brasseur ; à son décès le 14 juillet 1913, Il a été inhumé à Templemars.

Le métier de garçon brasseur était éprouvant et nécessitait des qualités physiques peu communes. Il livrait dans les cafés des tonneaux de bière, appelés chez nous « rondelles », d’une contenance de 160 litres. Un tonneau plein pesait 220 kilos. Le tonneau était transporté au moyen d’un tinet et d’un madrier qui reposait sur l’épaule des porteurs. Avec cet appareil il descendait dans les caves. L’exercice présente deux difficultés, d’une part, le poids à manœuvrer dans un espace retreint, d’autre part, le balancement du tonneau au bout de sa chaine. Il fallait donc être robuste et lourd pour ne pas être déséquilibré par le balancement de droite à gauche ou d’avant en arrière. Un homme moins de cent kilos n’avait aucun espoir de devenir porte-bière.

Auguste THIBAUT avait la force de deux hommes. Il était capable de descendre seul une rondelle de 220 kilos dans une cave à mains nues, en la tenant par les bords et, avec des rondelles posées au sol, de charger un camion sur deux niveaux en soulevant les dernières à une hauteur de 1.70m.

D’un naturel doux et bon, content de son emploi, il ne cherchait pas à devenir célèbre. Il a été repéré par le directeur d’une école de culture physique, place du théâtre à Lille. Celui-ci a pris ses mensurations en 1896. Auguste THIBAUT a alors 53 ans. Ses muscles sont hypertrophiés par trois décennies de travail de force. Il pèse 172 kilos pour une taille de 2 mètres, sans graisse superflue précise l’auteur. Son tour de poitrine est de 1.90 m et son tour de cou de 75 cm. Son tour de poignet est de 27.5 cm. A chaque repas il lui fallait un kilo de viande et les légumes en conséquence. Il avait de qui tenir, son père David, mesurait 2 mètres et sa mère Anne-Angélique Blondel, native de Templemars, 1,87 mètres.

Je vous présente quelques extraits du journal. Le titre, à lui seul, donne dans la démesure « LES HOMMES FORTS INCONNUS », «  Le brasseur Auguste Thibaut, le pithécanthrope ». Aujourd’hui un tel titre dans un journal vaudrait à son auteur des poursuites pénales. Les diverses illustrations sont de la même veine. De toute évidence l’auteur est un parisien qui n’hésite pas à affirmer que notre homme  est né à Vendeville en Douaisis, au pays de Flandre.

Un historien local, Charlemagne WATTRELOT, décédé en novembre 2011, nous a rapporté  un prodige à peine croyable :

Un jour qu’il labourait le champ de sa mère entre Vendeville et Templemars des filles, pour le chahuter, l’interpellent : « Eh, Auguste, la route pour aller au marché de Seclin ? ». Notre homme, sans se démonter dételle son cheval et indique la direction en tenant la charrue à bout de bras. Les demoiselles impressionnées se taisent, Auguste THIBAUT entre dans la légende.

Si Vendeville avait un géant, il devrait porter son nom.


LES ARCHERS DE VENDEVILLE

En 1856, le préfet menace de dissoudre les deux sociétés d’archers de Vendeville
Au XIX° siècle, Vendeville possède deux sociétés d’archers pour 442 habitants .Ils pratiquent le tir au beursault, c’est-à-dire à l’horizontale, entre deux buttes. Sur celles-ci, les beursaults, des fonds de cible de paille recueillent les flèches. L’une de ces sociétés tire chez Deswartes à l’emplacement du numéro un de la rue de Faches, l’autre chez Desort au dix-huit de cette même rue. Le café Desort semble être le plus important du village, avant la construction de la mairie, le conseil municipal s’y réunissait.
Les archers disparaissent des armées après la bataille de Pavie en 1525. La tradition reste vivace, face à l’attitude suspicieuse des autorités les sociétés s’affirment en rédigeant leurs statuts devant le notaire tout au long du XVIII° siècle. Elles ont toujours été turbulentes, ce qui s’explique par le fait que les archers attendent leur passage au pas de tir dans la salle du café en buvant de la bière. En 1738, Boufflers interdit aux sociétés d’archers et d’arbalétriers d’utiliser des armes à feu. Les confréries sont dissoutes lors de la révolution.
A l’aube du XIX° siècle elles se reconstituent et défilent tambour battant avec leur bannière qui n’est pas celle de la république. Ceci irrite l’administration.
Le 4 septembre 1855, le préfet du Nord prend un arrêté qui fait défense aux sociétés d’archers de marcher en rassemblement et de battre la caisse sur la voie publique.
Le 25 mars 1856 le commissaire de police de Seclin doit intervenir dans de nombreuses communes de sa circonscription afin de tenter de faire respecter l’arrêté.
« Nous commissaire de police de Seclin… avons été informés que le vingt deux janvier dernier, à l’occasion de la fête de la Saint Sébastien, les sociétés d’archers ayant leur siège chez les nommés 1°Deswarte Henri, 2° Dessort Jean-Louis, cabaretiers audit Vendeville avaient parcouru cette commune en rassemblement et tambour battant.
L’affaire est grave ! Le commissaire se rend chez les cabaretiers qui déclarent que les tambours Édouard Passebecq et Désiré Delecourt avaient obtenu l’autorisation du maire pour battre la caisse sur la voie publique. Inflexible, il dresse un procès verbal pour l’infraction. Par courrier du cinq avril, le maire, Charles Carré, répond qu’il avait donné deux autorisations de battre la caisse, le premier janvier pour la collecte des étrennes des tambours auprès des sociétaires et le vingt-deux pour conduire les présidents et leurs épouses de leur domicile au lieu du banquet annuel de leur société. Il conclut sa lettre en affirmant qu’on ne rencontre pas de sociétés d’archers plus tranquilles que celles de Vendeville. Le 10 avril, le préfet répond sèchement en précisant qu’il n’acceptera plus d’exceptions et qu’à l’avenir les sociétés qui enfreindront l’arrêté seront dissoutes.
Cadastre 1857


1866, CHARLES VANDERSTRAETEN, UN MAIRE BÂTISSEUR

Jusqu’en 2008, tous les maires de Vendeville étaient natifs de la commune et y résidaient. Charles Henri Auguste Vanderstraeten est le seul qui n’y est pas né et qui n’y a jamais réellement habité.
Il est né à Lille le 30 décembre 1834 dans une famille de l’industrie textile. Son père, François Joseph Vanderstraeten (teinturier), originaire des Pays Bas est naturalisé en avril 1824 par ordonnance du roi.
Le 31 mai 1858 à Lesquin, Charles épouse Anaïs Eugénie Descat, née le 1er janvier 1938, de Jules Frédéric Descat, industriel textile, nièce de Constantin Achille Descat (Manufacturier et Maire de Roubaix) et sœur du maire qui habitait le château d’Enchemont.
Le 27 mars 1860, la naissance de leur fille est déclarée en mairie de Lille car ils ont élu domicile rue de l’Hôpital Militaire. Charles possédait à Vendeville un rendez-vous de chasse à l’emplacement du 1, rue de Wattignies, c’était un des plus gros contribuables de la commune avec 65ha de terre.
Les principaux travaux de son mandat, furent : le pavage des chemins, l’école des filles et la construction de l’église ainsi que son presbytère. En mai 1862, le Maire Désiré Buisine et son Conseil Municipal prennent la décision de construire l’église mais les travaux se font pendant le mandat de Charles Vanderstraeten.
Le 2 avril 1866 on pose la première pierre de l’Église. Le 2 octobre 1866 Vanderstraeten père, offre la cloche de l’église et propose Adèle Thérèse Coget, son épouse, comme marraine.
Le 29 octobre 1867 l’église est consacrée en présence des plus hautes personnalités du département. Le sol est encore en terre battue et sera pavé, malgré les faibles revenus de la commune, en 1878, grâce en partie, à un prêt à taux zéro consenti par Madame Adèle Thérèse Coget.
Le 9 juin 1879 Charles Vanderstraeten marie sa fille. Encore une fois bon nombre de notables feront le déplacement. (Vendeville News N°3).
Il décèdera à son domicile, 29 Boulevard Vauban à Lille, le 3 avril 1881 à l’âge de 46 ans. Selon l’éloge funèbre qui a été lu lors de ses obsèques par le secrétaire du Conseil Général, il était un homme de goût pour les livres et les œuvres d’art. Il a effectué des recherches historiques sur l’histoire de Seclin et de son hôpital.
Dans son lyrisme, l’orateur va même jusqu’à affirmer que : « La ville et le canton de Seclin auxquelles il appartenait par sa famille et ses propriétés, où il avait en sorte créé une commune, celle de Vendeville, voulurent reconnaitre le dévouement et l’intérêt qu’il leur portait, en lui confiant les fonctions de conseiller d’arrondissement et plus tard celles de conseiller général. »

LA FORÊT NOIRE, RUE DE WATTIGNIES

Le rendez-vous de chasse de Charles Vanderstraeten était une maison bien ordinaire. Il s’y réservait l’une des deux pièces du rez-de-chaussée et y logeait son garde. Elle a été démolie en 1933. De la propriété d’origine il ne subsiste qu’un imposant bouquet d’arbres bien visible de la rue des Ormeaux ou de la rue des Peupliers. Les Vendevillois l’appelaient « La Forêt Noire ». La clôture de fil de fer qui se voulait dissuasive n’empêchait pas les enfants d’en faire leur terrain de jeux. Durant la Seconde Guerre Mondiale, ses frondaisons ont permis à l’occupant de cacher des camions d’essence à la vue des aviateurs.


VENDEVILLE LE 8 JUIN 1879, LE MAIRE MARIE SA FILLE

Les archives constituent un trésor dans lequel il est possible de retrouver des pépites, des évènements oubliés qui ont marqué la vie des habitants de la commune.
Le fastueux mariage de la fille de Monsieur le Maire a dû, pendant des années, alimenter les discussions. Charles, Henri, Auguste VAN DER STRAETEN, nommé Maire de Vendeville par arrêté préfectoral le 19 février 1874, propriétaire, Conseiller Général du Nord, Officier de l’Instruction Publique et Membre du Conseil Départemental de l’Instruction Publique, marie sa fille Marie, Aimée, Julie, âgée de 19 ans, à César, Albert, 27 ans, fils de Antoine CHEVRIER, Négociant et Président du Tribunal de Commerce de Chalons sur Saône. Parmi les témoins, Paul CAMBON, Préfet du Nord et Chevalier de la Légion d’Honneur ainsi que Jules CHEVIER, Propriétaire et lui aussi membre de l’Ordre.
Il faut noter qu’à l’époque, la profession de propriétaire était couramment citée dans les actes.
Charles, Henri, Auguste VAN DER STRAETEN a résidé à Vendeville rue de Wattignies, une vingtaine d’années.

Après la chute du second empire, la commune reprend le timbre de la seconde république, celui-ci en mauvais état est illisible sur bien des documents


VENDEVILLE 1889, LES CULTIVATEURS SE COTISENT POUR UNE BALANCE PUBLIQUE

Dans les années soixante, les balances publiques disparaissaient de la place de nos villages après 50 à 60 ans de présence. Celle de Vendeville a été financée sur un mode coopératif.

En 1889, les cultivateurs de la commune souhaitent qu’une balance de puissance 10 tonnes soit mise à leur disposition. Les finances municipales sont restreintes et ne peuvent faire face qu’à un quart du montant de l’achat. En cette fin du dix-neuvième siècle, les solidarités villageoises sont fortes et le mouvement coopératif prend son essor. Des fermiers organisent une souscription pour compléter l’apport de la commune et arriver à un total de 1 600 Frs.

La grille de calcul des participations doit être juste et facilement contrôlable par tous. A l’époque, les fermiers ne tenaient pas de comptabilité. Il aurait été possible de calculer la répartition en fonction de la superficie des terres cultivables, mais la contestation n’aurait pas manqué de s’appuyer la valeur marchande des récoltes dont les cours sont en baisse depuis 1860.

Les cultivateurs s’entendent sur une base de calcul : le nombre de chevaux de l’exploitation. Ce chiffre est de notoriété publique et de plus, il est vérifié par l’armée dans le cadre du recensement des animaux de trait, ce qui coupe court à toute discussion. L’accord est donc passé pour dix ans, pendant lesquels les produits des souscripteurs sont exonérés de droit de pesée alors que chaque utilisation de la balance sera facturée 1 franc aux non-souscripteurs.

Selon des témoignages verbaux, la balance s’élevait à gauche de la mairie, à l’emplacement du gros boitier électrique.


VENDEVILLE 1891, POSE D’UNE GRILLE DEVANT L’ÉGLISE


En 1891, il n’y a aucune construction de part et d’autre de l’église, la ferme Turbelin, aujourd’hui Tournai Granit n’est pas encore construite. Par contre, de l’autre côté de la rue, le vieux Vendeville est très animé. Deux fermiers qui y résident considèrent les terrains proches de l’église comme des annexes de leur exploitation. Afin de remédier à cette situation le conseil municipal décide de construire une grille pour délimiter les abords de l’église.
Le Conseil Municipal,
Considérant que dans la situation où se trouve l’église, le terrain qui forme devanture est tout à fait banal et sert parfois de dépôts plus ou moins convenables. Que dans l’intérêt de la conservation de ce bâtiment communal, comme aussi de l’embellissement de la rue principale de la commune, il est indispensable de clôturer ce terrain. La dite grille restera en place jusque dans les années cinquante.


VENDEVILLE 1893, CONSTRUCTION DU FORT

Les raisons de la construction du fort de Vendeville.

Au bout de la rue du Fort, il suffit de passer le pont de l’autoroute et à quelques centaines de mètres, en limite d’aéroport une surélévation recouverte d’arbres en indique l’emplacement. Quelques rappels sur l’histoire de la défense de Lille nous permettent de comprendre le rôle qui lui était dévolu.

 A la suite de la défaite de 1870, la France décide de fortifier ses frontières par la construction d’un ensemble de forts en maçonnerie comme le fort Duhoux construit entre 1879 et 1883, pour 40 pièces d’artillerie, à Seclin, le fort de Sainghin et le fort Mac Donald à Mons distant d’une portée de canon soit 9km.

Ces forts se distinguent du système Vauban (Louis XIV) par le fait qu’ils sont éloignés de la ville pour éviter qu’elle ne soit sous le feu des canons ennemis. L’idée est de Montalembert à l’époque de la révolution. Elle n’a pas été mise en œuvre par Napoléon 1er, mais a fortement inspiré les autres pays. Ce sont des forts d’artillerie du système Séré de Rivières, du nom du directeur du génie, dans lesquels les canons sont à l’air libre, séparés par des levées de terre. La protection est assurée par un fossé et une escarpe sur laquelle les soldats se couchent pour tirer au fusil. La construction est en briques.

Moins de dix ans après leur construction, les forts comme celui de Seclin ne répondent plus à l’évolution des techniques. Des inventions mettent en cause leur principe :

  • l’obus à mitraille, à shrapnels, dont le détonateur est réglé pour le faire exploser dans l’air rend inopérantes les levées de terre de protection.
  • En 1885 Eugène Turpin met au point un explosif brisant, la mélinite.
  • L’apparition de tubes rayés et du frein oléo pneumatique qui limite l’effet du recul et permet un repointage rapide a augmenté la précision de l’artillerie.

Ces avancées techniques ont pour conséquences :

  • la nécessité de disperser les canons hors du fort dans des ouvrages intermédiaires.
  • L’emploi du béton dans la construction et du fil barbelé (inventé en 1873) pour la protection des glacis.
  • La modification de l’architecture

Autour de Lille, apparaissent des ouvrages intermédiaires, O.I. en langage administratif. Les O.I. de Vendeville et d’Enchemont entre les forts de Seclin et de Mons renforcent la protection. Les constructions ne sont pas destinées à servir de poste de tir mais simplement d’abri pendant les bombardements. Les hommes comme les éventuelles six pièces d’artillerie de 90 sont à l’air libre.

Une étude de la carte Environs de Lille de 1931 nous rappelle que pour aller à Paris il fallait emprunter la N17, par Ennetières et Pont à Marcq; Trajet supprimé par la construction de l’aéroport. Cette  route passe en face de la Pissatière et se prolonge jusqu’au moulin de Lesquin. L’ouvrage de Vendeville se situe à 700 mètres de la RN 17 pour en interdire l’accès. Barrer cette route faisait déjà  partie du projet  primitif qui prévoyait la construction d’un fort à Fâches, et d’une batterie à Thumesnil, par la suite il a été décidé d’éloigner les forts de l’agglomération d’où la construction du fort de Seclin.

Par un courrier en date du trois aout 1893, le ministre de la guerre à Monsieur le Directeur du génie à Lille, décide la construction à 700m de la RN 17 de l’ouvrage intermédiaire de Vendeville. Il est à cette époque prévu que le village  serve de seconde ligne de défense en cas de chute du fort .

Description du Fort.

Le dossier 66 J 1591, aux archives départementales comporte de nombreux documents dont des plans sur calque dont l’envers est colorié qui vous seront ici présentés. Les vues en coupe des bâtiments attestent bien de l’épaisseur du béton. Le Fort de Vendeville qui est un ouvrage intermédiaire s’inscrit dans un trapèze dont la grande base fait 150m, la petite 50m et les cotés 100m. C’est une levée de terre, entourée d’un fossé de 4,50m. Le fond du fossé est maçonné, muni d’une grille ce qui empêche toute escalade du talus du fort, l’escarpe par un assaillant qui serait parvenu à y descendre après avoir franchi les réseaux de barbelés qui protègent les glacis. Il est alors pris à partie par les feux des coffres de contre escarpe.

Le fort comporte cinq constructions de béton non armé :

  • .un abri de tête pour le logement des hommes
  •  deux abris de flanc.
  • Deux coffres de contre escarpe

Ces constructions ne sont prévues que pour servir en période de crise et pour abriter une demi-compagnie d’infanterie soit une centaine d’hommes .Les parois de 2,50m d’épaisseur, recouvertes de terre, ont nécessité 2500m3 de béton et un chantier important comportant des voies decauville qui apportaient les ingrédients, sable de Calais et Ciment de Pont à Vendin dans une bétonnière de grande taille.

L’abri de tête, double comporte deux couloirs de 13metres de long qui desservent des chambres, A son extrémité extérieure, on peut accéder à un observatoire blindé situé sur le haut du talus, une cloche de métal épais percé de fentes. L’observateur y monte par une échelle  et un plancher mobile lui permet d’avoir les yeux à hauteur des ouvertures. Il ne dispose pas d’un espace suffisant pour utiliser des jumelles. La cloche de l’ouvrage de Vendeville a été enlevée. Il en existe un modèle identique au fort de Lomptret.

 

Les deux  abris de flanc, symétriques, comporte une petite chambre munie de banquettes, dont les murs sont garnis de râteliers à fusils  avec un poêle à laquelle on accède par un large couloir dans lequel on peut abriter une pièce d’artillerie

Le fossé est protégé  par deux coffres de contre escarpe à partir desquels les défenseurs peuvent tirer sur des assaillants parvenus au bas du fossé et immobilisés par la grille. A l’origine, ces coffres étaient prévus pour être accessibles par un souterrain partant de l’abri de tête ; par mesure d’économie, dans tous les O.I. de la place de Lille ce souterrain n’a pas été construit.les occupants de ces coffres devaient donc avant l’assaut, sortir du fort, descendre dans le fossé et s’enfermer dans ce blockhaus sans pouvoir bénéficier de secours ni d’aide avant la fin de l’attaque.

Le confort rudimentaire de ces forts a fait qu’ils n’ont pour ainsi dire jamais été occupés. Au début de l’offensive Lille est déclaré ville ouverte. Par la suite les troupes rappelées ne sont pas assez nombreuses pour garnir l’espace des forts et la ligne de défense est établie en retrait, à hauteur du Moulin de Lesquin. A cette occasion les allemands installent trois pièces d’artillerie dans le fort pour tirer en direction de la ville.

Par la suite les barbelés sont récupérés par l’occupant afin pour être utilisés sur le front. Les éléments métalliques sont ferraillés. Le béton armé n’apparaitra, en 1894, qu’après la construction du fort, le fait qu’il n’ait pas été utilisé explique l’effondrement des bâtiments. Après la seconde guerre les terrains sont occupés après de nombreux litiges par des jardins ouvriers, en conflit avec la société qui a loué les droits de chasse.

Les jardiniers se voient notifier des procès verbaux pour occupation illicite du domaine militaire. En 1952 le Génie signe une concession au profit de la mairie de Vendeville. En 1960, le fort est incorporé dans l’aérodrome et le terrain clôturé en 1969. Aujourd’hui les fossés et la cour du fort en dessous du niveau du sol  sont comblés, plus aucune construction n’est visible, le fort n’est plus rappelé que par le nom d’une rue.


L’HISTOIRE DE LA RN17 EN 1906

LA RN17 relie le Bourget à Halluin et à la Belgique.
Crée en 1824, elle emprunte un trajet ancien. Napoléon 1er l’a empruntée pour entrer dans Lille. Le visiteur qui venait de Douai passait par Pont à Marcq, Ennetières (commune d’Avelin) et Ronchin.
Sur une partie de son trajet, la RN17 traverse notre commune sur une distance d’environ 1200 m et voit passer un trafic important. Lors du recensement de 1906, elle est désignée sous le nom de Route Nationale 17, et sous le nom de Rue de Douai lors de celui de 1936.
Au bord de la nationale, le café de la Pissatière était le point d’arrêt de la ligne de bus qui desservait notre commune. L’autobus de Templeuve et l’autobus Citroën y passaient chacun trois fois par jour dans chaque sens. En mai 1940, la RN17 est coupée au niveau de la Pissatière par un poste de garde. Quand ils évacuent l’aérodrome, les allemands dynamitent le café. Il fut reconstruit en 1947 et accueille toujours aujourd’hui les promeneurs.
En direction d’Ennetières, à la limite actuelle de la clôture de l’aérodrome, au lieu-dit le Pic au Vent, la ferme de Rousse Patte, construite en 1782, était tenue par la famille VANDERBEKEN. Cornil VANDERBEKEN, de nationalité belge, en fait l’acquisition en 1821. C’est une belle exploitation qui emploie 4 ouvriers en 1906. Avec ses six chevaux, c’était la deuxième plus grande ferme de Vendeville.
Pendant la première guerre mondiale, elle sera occupée par l’armée allemande pour servir de point de contrôle. En 1936, Carlos Descamps s’y installe. Au début de la guerre, du fait de la proximité des installations militaires la famille doit souvent se réfugier à la cave. Peu de temps après leur arrivée, les allemands expulsent les fermiers puis rasent les bâtiments.
A proximité, de l’autre côté de la route, 4 maisons dont un bistrot constituent le hameau du Moulin de bois en 1906. Il a été construit sur l’emplacement du moulin LEPOT appartenant à Floris DESCAT, Maire de Lesquin, démoli en 1881. Plus loin, à la limite d’Ennetières, un second moulin, un tordoir, c’est-à-dire un moulin à huile, propriété d’Auguste MARCHAND CHUFFARD, tenu par la famille WACRENIER. Il ne possédait pas de meules mais ses ailes actionnaient des marteaux qui frappaient sur des sacs remplis de graines pour en extraire l’huile. Son activité a cessé du fait de l’arrivée des huiles provenant des colonies.


VENDEVILLE LE 4 OCTOBRE 1914

Le 4 octobre 1914, les premiers coups de feu du siège de Lille claquent sur notre commune. Nous ne pouvons comprendre ces combats, deux mois après la déclaration de guerre, qu’en les situant dans les opérations militaires de l’été 1914 et en décrivant le vécu des habitants de l’agglomération lilloise pendant cette période.

Les livres d’histoire, comme l’illustration passe sous silence les combats autour de Lille qui résiste du 4 au 12 octobre 1914, selon eux la bataille de l’Yser le 14 octobre succède à la bataille de la Marne le 5 septembre après la course à la mer. Pour tenter d’expliquer ce vide je citerai A. Descamps :

La victoire de la Marne, les batailles de Picardie et d’Artois captaient l’attention publique et éclipsaient les événements du Nord. Chaque belligérant enflait ses succès et cachait tout le reste : La vérité pouvait devenir un crime contre l’intérêt national. Les Allemands ont donc fait connaître en Allemagne la bataille de Douai et la prise de Lille ; en France, le pouvoir civil, grand responsable a étouffé l’affaire. Le front s’est immobilisé dès octobre 14, la barrière s’est fermée sur les régions envahies et a intercepté les bruits qui auraient pu en venir.

Cette citation est extraite de l’ouvrage de référence  « UN COIN DE GUERRE PEU CONNU, BATAILLE DE DOUAI ET DEFENSE DE LILLE » d’A. DESCAMPS paru chez Beziat en 1936. Descamps est polémique, l’ouvrage est publié en 1936 et à cette époque comme dans les années qui vont suivre, il est de bon ton de faire porter le poids des erreurs par le personnel politique, ce qui évite de mettre en cause les militaires.

Le 1er août des affiches de mobilisation apparaissent ; chaque mairie en détenait et il suffisait à l’employé de calligraphier la date. Le soir du 3 août le gouvernement français reçoit la déclaration de guerre de l’Allemagne. En réponse à l’invasion de la Belgique et du Luxembourg le 4 août, les français lancent une offensive pour prendre pied en Alsace et en Lorraine occupées. Celle-ci est repoussée au Nord mais réussit au Sud pour atteindre mi-septembre, Saint-Dié sur la crête des Vosges. La ligne de front restera inchangée jusque 1918, malgré de violents combats.

L’armée belge ralentit l’invasion allemande. Le 18 août la 5ème armée du Général Lanrezac et le corps expéditionnaire anglais affrontent les allemands à Mons. Le 23 août les français et les anglais se replient. L’avancée allemande est stoppée à Guise. Le 5 septembre, Joffre crée la 6ème armée dans la région parisienne avec des hommes prélevés sur la Lorraine ; bataille de la  Marne. Le 13 septembre l’avancée allemande est jugulée, Paris n’est plus menacé.

Chacun des belligérants cherche à éviter l’enveloppement par le Nord. Il s’ensuit des combats qui font remonter les troupes vers le Nord dans le cadre d’un mouvement appelé « la course à la mer ».

En août 1914, Lille n’est pas comprise dans la zone des combats. L’invasion se fait selon un axe Bruxelles-Paris, au sud d’une ligne Valenciennes-Cambrai. Notre commune, située dans le périmètre de défense vit au rythme des inquiétudes de sa métropole.

L’agglomération Lilloise, défendue par huit forts et treize batteries, constitue une importante base logistique de par son industrie et les stocks d’armes.

Début août, l’arrivée de réfugiés belges qui fuient l’avance des troupes allemandes, inquiète la population. Toutefois, certains quartiers sont pavoisés. Dans les rues de Wazemmes, on marchait sous une véritable voute fleurie aux couleurs françaises, belges, anglaises et russes.

Dès 1889, la place de Lille a été déclassée en troisième catégorie. Le Maire de Lille, Charles Delesalle souhaite épargner à la population les dommages des combats autour et dans la ville. Le préfet Trépont n’est pas de cet avis. Au quinze août, Lille dispose de 446 canons aprovisionnés à 240 coups. Dans la semaine qui suit, plus de la moitié des canons et la totalité des munitions sont retirés pour être principalement dirigés vers l’armée en campagne.

Bien que quasi vide de troupes, la ville s’organise pour la défense :

  • En début de mois une réunion en préfecture avec les industriels a organisé le maintien de la production et le paiement des salaires.
  • Les institutions scolaires sont transformées en hôpitaux auxiliaires.
  • Les cafés doivent fermer à vingt deux heures.
  • Six cent ouvriers sont chargés de remettre en état les remparts pour la défense au fusil.
  • Les automobiles sont réquisitionnées.

Le 24 août l’état-major de la région militaire et les administrations évacuent la ville qui est déclarée ville ouverte et ne sera pas défendue. Jusque début octobre, notre région verra le passage de patrouilles françaises, anglaises et allemandes. Le 23 août, douze uhlans sont capturés à Wattrelos, le 24, quatre autres, au Croisé Laroche. Le 5 septembre une patrouille pille le magasin de tabacs et liqueurs de Seclin, le 10, la bijouterie. Le 12, deux officiers allemands venus en voiture boivent une bière sur la place de Lille sans être inquiétés.

Durant la première quinzaine de septembre les canons et les stocks du fort de Seclin sont déménagés. Le 16 septembre le 8ème Régiment d’Infanterie territoriale de Dunkerque est déposé autour de Lille avec pour mission de protéger les voies ferrées. Le sergent Paul Vershave écrit : Que deux bonnes journées, j’ai passé au pont de l’Amiteuse. Le service était un peu fatiguant pour les sentinelles parce que les effectifs était restreints… de temps en temps un brave passant leur faisait apporter un pot de bière, la population était fort sympathique et nous apportait le café deux à trois fois le matin.

Les combats se rapprochent ; Le 25, Orchies est incendié à titre de représailles et une partie de sa population vient se réfugier à Lille. Douai tombe le 1er octobre. Les troupes les plus proches sont celles du commandant Caron à Tournai et celles du chef d’escadron Sontag à Orchies. Sontag a pour ordre de se replier sur Lille en passant par Pont à Marcq et Seclin. L’inexistence de moyens de communication complique la manœuvre. Les diverses compagnies du 8ème R.I.T. passent la nuit à Pont à Marcq. Les troupes de Caron attaquées à Tournai se replient sur Lille qu’elles atteignent entre 20h00 et minuit protégées par des spahis et des chasseurs à cheval.

Le 2 au matin, l’artillerie et les voitures de Sontag arrivent à Ronchin vers 6h00 après être passés sur notre commune à la Pissatière. Sontag suite à un accident de voiture à Seclin, est remplacé par le Chef de Bataillon Biguet qui remonte vers Lille par Templemars et rejoint la RN 25 au passage à niveau de Wattignies.

Le 3, Biguet organise la défense de Lille. Trois escadrons de cavalerie (un escadron de chasseurs à cheval et deux escadrons de spahis, soit 300 à 350 cavaliers au total) explorent la zone entre Lesquin et Seclin vide d’ennemis. A la Pissatière, les fils téléphoniques ont été coupés.

Positions françaises le 3 octobre
Régiment Compagnie Nom Effectifs
1 7ème R.I.T 6ème MARTEL 200 à 240 hommes
2 7ème R.I.T 7ème CLER 200 à 240 hommes
3 5ème 3ème DEBUIRE 200 à 240 hommes
4 5ème 2ème BAUDOUR 300 hommes
5 8ème R.I.T 11ème LESUR 200 à 240 hommes
6 8ème R.I.T 9ème ROGIER 200 à 240 hommes
7 8ème R.I.T 10ème LUPPE 200 à 240 hommes
8 8ème R.I.T 6ème MONSTREUL 200 à 240 hommes
9 8ème R.I.T 12ème 200 à 240 hommes
10 8ème R.I.T 7ème DEGRELLE 200 à 240 hommes
11 Mitrailleuses DUFRESNEL 2 mitrailleuses
12 Mitrailleuses ROHART, LOBRY 4 mitrailleuses
13 41ème R.A 42ème Batterie DANSAC 4 canons – 170 hommes
Les différentes unités indiquées par les ronds rouges sont mises en place en retrait de la ligne des forts notée en bleu par manque d’effectifs

 

Le 4, les allemands se dirigent vers Lille : Le Général Major Wahnschaffe à partir de Tournai et Von Der Schulenburg à partir de Douai en deux colonnes, l’une par la RN17, Douai-Pont-à-Marcq-Lille et l’autre selon un axe Orchies-Templeuve-Lesquin. Le détachement Schulenburg est constitué du 3ème Bataillon du 174° R.I.L. (régiment d’infanterie de la Landwehr) et du 2ème Bataillon du 20° R.I.L ; renforcés par le 2ème Bataillon cycliste de Chasseurs bavarois, un escadron de cavalerie et une batterie  d’artillerie.

A cinq heures du matin la division Bacquet (8 à 9 000 hommes et 36 canons) débarque à Merville et se dirige vers Lille. Son état major s’installe à Lomme. De Lesquin sur 3 500 mètres, les mille hommes du bataillon Caron doivent contenir l’avance ennemie en attendant le renfort de la division Baquet puis se replier. Ils sont appuyés par une batterie d’artillerie installée à l’Amiteuse. Pour les allemands, le point principal de contrôle de la RN 17 est le moulin de Lesquin qu’il faudra prendre ou contourner. Entre 10h30 et onze heures, à la Pissatière, un groupe de cyclistes en civil venant d’Ennetières tourne vers Lesquin après avoir essuyé quelques coups de feu. Quelques instants plus tard, l’offensive est menée par deux pelotons cyclistes. L’un se dirige vers le moulin de Lesquin, il perd les deux tiers de son effectif sous le feu des mitrailleuses, l’autre se dirige vers Fâches en passant par Vendeville en rampant dans les betteraves. Il est repoussé par le feu de la Compagnie du Capitaine Baudour.

Vers 13h, les allemands installent trois canons dans le fort de Vendeville et trois dans le Parc d’Enchemont. Après une demi-heure de bombardement, une centaine de coups, trente trois hommes sont hors de combat, la ligne de défense française se replie. Les allemands occupent Ronchin et Fâches et incendient les maisons du moulin de Lesquin. Durant la même journée Wahnschaffe venant de Tournai entre dans Lille par Hellemmes. L’offensive, soutenue par un train blindé atteint la porte Louis XIV et le Pont de Fives. A 14 heures, entre Ronchin et Lezennes, les hommes du 21ème R.I. sont pris à partie par une mitrailleuse de la cavalerie bavaroise, ils laissent sur le terrain 85 morts et 150 blessés. Les allemands occupent Ronchin et Fâches, de 17h à 18h ils sont bombardés par la batterie Danzac qui tire à partir de  l’Arbrisseau.

Le 5, une offensive qui a pour but de dégager Lille, permet aux français de reprendre Hellemmes, Lezennes, Ronchin et Fâches. L’attaque sur Fâches est menée à partir du Pont de Ferrieres par le troisième bataillon du 8ème R.I.T et à partir du passage à niveau de Fâches par les 2ème et 3ème compagnies du 5°R.I.T. Trois batteries, soit douze canons de 75, sont en position à l’Arbrisseau. Coté allemand ½ batterie au moulin de Lesquin et ½ batterie et deux mitrailleuses à l’entrée Nord Ouest de Fâches. Au départ de l’assaut au Pont de Ferrieres, quinze français de la 11ème du 8ème R.I.T. (Leur) sont tués par l’artillerie. Ils reçoivent le renfort du de la 9ème du 8ème R.I.T (Rogier). Les allemands déployés sur la crête, à 100m du village, se replient. Quand les français atteignent Fâches, le village est désert, les allemands se sont enfuis par Vendeville. La compagnie Baudour occupe les crêtes entre Fâches et Vendeville sur la même position que le 3. Le terrain gagné ne peut être gardé les jours suivants car les 2/3 des effectifs de Lille sont envoyés à la bataille de Lens.

Le 6 les allemands surveillent la zone à partir du clocher de Vendeville. Les Uhlans stationnés dans notre commune chargent un peloton de quarante chasseurs à cheval qui passe à proximité. Ces derniers les entrainent vers le Moulin de Lesquin où les soldats de la 12ème  Compagnie du 8ème R.I.T les prennent à partie et en mettent huit hors de combat.

Le 7, trois trains blindés doivent attaquer Lille, les rails sont déboulonnés à Ferrières et une embuscade est tendue à Lesquin. La nuit du 11 au 12, Lille est bombardée. La porte de Douai est prise. A 17h30 Lille capitule. Suite à ces évènements notre commune sera occupée de manière très sévère pendant quatre années.


LE 8 MARS 1915, DÉSIRÉ DESCHAMPS MEURT EN DÉPORTATION

La découverte récente d’une fiche de déporté sur le site du CICR (Comité International de la Croix Rouge) a permis de lever une partie du mystère sur la disparition de Désiré Deschamps.

Le matin du 4 octobre 1914, premier jour du siège de Lille, les allemands passent devant chez lui.

Le 8 octobre les accrochages se succèdent autour de la ville, Désiré Deschamps dont l’épouse tient le café « La Pissatière »  et Charles VANDERBEKEN de la ferme de  Rousses pattes,  son voisin,  sont pris pour des motifs et dans des circonstances qui restent à déterminer ; très probablement pour actes hostiles à l’armée allemande. Ils sont envoyés au camp de Wittenberg à 50 km au sud de Berlin. Ils sont affectés à des commandos de travail. Les conditions de détention sont effroyables. Les prisonniers disposent d’un matelas pour trois sur lequel ils se reposent à tour de rôle sous une couverture infestée de vermine. Ils reçoivent chaque jour une boule de pain de 1kg pour dix et une soupe claire de féveroles et de fécule de pommes de terre.

En décembre 1914, une épidémie de typhus se déclare dans le camp. Les allemands le quittent et se réfugient, à l’extérieur, derrière les barbelés.

Il faudra attendre février 1915, soit deux mois après le déclanchement de l’épidémie pour que six médecins anglais, prisonniers, soient envoyés dans le camp pour assurer les soins. Les malades qui restaient, avaient pour seul traitement une tartine supplémentaire et un demi-bol de lait par jour.

Désiré Deschamps est décédé du typhus, à l’âge de 56 ans, le 8 mars 1915, trois mois après le début de l’épidémie dans le camp. Charles VANDERBEKEN est libéré en avril 1916.

Origine des documents Archives CICR et Archives Départementales du Nord


VENDEVILLE DE 1915 à 1920

La vie des Vendevillois pendant la Première Guerre Mondiale

Au village, les années qui précèdent le conflit sont fortement marquées par l’importance de l’administration militaire. Le service militaire suite à la loi de 1905 concerne tous les hommes jusque 47 ans.

Un régiment d’infanterie de 3500 hommes a besoin  de 127 chevaux pour sa logistique. Par conséquent, dans le village, chaque année, en janvier, il y a un recensement des chevaux qui sont, comme les hommes, mobilisables jusque l’âge de 17 ans. Seuls en sont dispensés les chevaux de moins de 6 ans, les juments pleines et les chevaux réformés par la commission. Un cheval sur quatre sera mobilisé. Pour l’année 1881, 52  chevaux sont déclarés bons pour le service à Vendeville. De plus, il est procédé à une déclaration des véhicules auprès des services municipaux. Nous savons ainsi qu’il y a eu 1881, 1 voiture à deux roues et un cheval, 11 chariots à 4 roues et un cheval, 11 chariots à 4 roues et 2 chevaux.

Au début de la guerre, la gendarmerie est désorganisée, la plus grande partie des effectifs est reversée dans la prévôté (gendarmerie militaire chargée de la surveillance des troupes à l’arrière du front), 10  Vendevillois assurent les fonctions de garde civil pour la sécurité de la commune, en plus du garde champêtre et du garde-chasse.

La région lilloise est concernée par les combats en octobre. Très vite, le front se stabilise à 15km. Le corps d’armée qui combat à Fromelles a son état-major à Seclin. L’Allemagne n’a pour ainsi dire pas de colonies et ses approvisionnements sont réduits du fait du blocus maritime des alliés. Par conséquent, l’armée doit trouver ses approvisionnements dans sa zone de résidence conformément à la directive officielle Kriegs-Etappen-Ordnund imprimé avant l’invasion. Seclin est le siège d’une kommandantur d’étape qui a des antennes dans tous les villages voisins (Orst Kommandantur). Celle de Vendeville est dirigée par un capitaine (Hauptmann ou Rittmeister), à certaines époques par un lieutenant (oberlieutnant). Le fait d’affecter à ce poste un officier indique l’importance donnée à cette fonction. Il est assisté par un chef de culture (Landwache) chargé de surveiller le travail forcé des villageois dans les champs.

En même temps, l’administration française subsiste. Notre Maire, Louis  BUISINE doit donner suite aux injonctions de l’occupant. Il se fait aider par le seul échelon administratif qui reste. La mairie de Lille émet du papier monnaie, les bons communaux. Ceux-ci permettent aux communes voisines de régler les dépenses qui leur incombent : allocations militaires, allocations chômage, taxes imposées par l’occupant et achat de denrées alimentaires.

Dès décembre 1914, soit deux mois après les combats, la structure est en place. Les réquisitions commencent. Le premier bon de réquisition connu, date du 19 décembre 1914. Il est signé par un lieutenant du 7° d’artillerie et rédigé en français et en allemand : Nous donnons la quittance que nous avons loué de Mr Brel, 1 grand chariot jusqu’à nouvel ordre. Le cachet de Kommandantur locale, ne lui ayant pas encore été fourni, il authentifie son acte avec celui de la mairie.

Les soldats sont logés dans les bâtiments des fermes et les gradés dans les maisons où ils réquisitionnent les plus belles pièces. Les vendevillois sont surveillés de près. Ils ne peuvent quitter le village qu’avec un laisser passer. Une circulaire du 31 août 1915 du Gouvernement allemand de Lille fait établir des listes de domicile par les mairies. Un exemplaire de la liste des occupants de la maison sera conservé à la mairie et l’autre appliqué dans un endroit bien visible du corridor ou du vestibule de chaque maison. Toute personne de plus de 14 ans doit être en permanence porteur d’une carte d’identité avec photographie et signalement, rouge pour les hommes et bleue pour les femmes. Il faut rappeler que la carte d’identité ne  sera obligatoire en France qu’entre 1943 et 1955. Une fois par mois à certains moments, chaque semaine à d’autres, un dimanche matin les hommes mobilisables, c’est-à-dire de 17 à 50 ans se présentent dans la cour de la mairie pour l’appel.

Toutes les ressources d’alimentation sont répertoriées et les ordres de réquisition concernent la commune. Le 9 décembre 1915, la commune doit fournir 15 tonnes de pommes de terre à la commune de Wattignies, le 18 janvier 1916, 18 tonnes. 708 œufs sont réquisitionnés le 3 juillet, deux mois plus tard la commune doit fournir 2 coqs et 30 poules. Parfois les achats sont payés comme en atteste le bordereau d’achat d’une vache à Monsieur Carré le 30 aout 1916. Tous les bons de réquisition n’ont pas été conservés, mais ces quelques exemples attestent de la violence du prélèvement qui fait que les Vendevillois ne pouvaient pas manger à leur faim.

Ces spoliations alimentaires sont aggravées par la réquisition de tout le matériel qui peut être utilisé à la guerre. Les clôtures des prairies sont démontées et le fil barbelé mis en rouleaux pour être envoyé au tranchées. A cette occasion les réseaux de fils barbelés qui protègent le fort de Vendeville sont eux aussi récupérés. En 1916, à la veille des récoltes, les boules de ficelle de moissonneuse qui servent à lier les gerbes de blé sont elles aussi réquisitionnées (24 boules chez Buisine, 3 chez Deleu, 3 chez Rusquart). La moisson ne peut que prendre du retard. Quelques temps plus tard, ce sont les sacs de toile de blé qui sont collectés, au total 390 sacs pour la commune. Il n’y plus un seul vélo à Vendeville. Quant à la cloche de l’église, elle a été démontée et emportée dès 1915.

Nous ne disposons pour la commune que d’une seule notification d’amende, il y en a eu beaucoup, toutefois, elle atteste de l’aspect tatillon des contrôles. Des règles sanitaires très sévères sont édictées concernant les maisons (aération, désinfection, balayage). L’occupant surveille de près les étables pour que les chevaux soient maintenus en bonne santé pour une réquisition. Madame Veuve Leclercq sera condamnée à une amende de cinquante francs pour ne pas avoir été économe avec la paille pour les litières. A soixante-dix kilomètres plus au sud, mon ancêtre Gustave Loisel aura la même amende. Il y avait surement une directive administrative sur ce point. L’amende se paie en francs pour faire sortir l’argent caché.

L’absence des hommes, les réquisitions de chevaux et de véhicules, ainsi que le pillage des denrées pour nourrir les soldats au front produisent une situation de famine dans le village.

Dès 1915, des pays neutres organisent sous la direction de Herbert HOOVER, qui sera élu président des U.S.A. en 1928, une distribution d’aide alimentaire à la population de la Belgique, occupée dans le cadre du C.R.B. (Comitee for Relief of Belgium, et non pas Croix Rouge Belge comme disent les bénéficiaires). Le Comité National de Secours et d’Alimentation du Nord de la France en est une branche très importante. Contrairement à ce qui est dit dans le pays, la France paie en sous-main les denrées distribuées. Nous disposons grâce à la courtoisie de Monsieur DEHEEGHER (Nord Cartophile) d’une carte postale qui immortalise une distribution d’aide alimentaire dans la cour de la mairie. En costume cravate, le Maire Louis BUISINE dirige la distribution, à sa droite le garde champêtre Henri PETIT, régisseur et délégué pour le comité américain pèse, quatre dames les assistent. En agrandissant la photographie, on découvre des boites de lait concentré suédoises. La présence d’une scie et de couteaux de boucher indiquent la présence de viande probablement du bœuf séché ou du lard. Sur la balance, un sachet, des légumes secs ou du riz. La sérénité apparente des personnages ne doit cependant pas occulter la réalité. A Seclin, le comité fournit 110 à 1300 calories par habitant, soit la moitié des besoins théoriques quotidiens. Chez nous, la situation ne devait être meilleure.

Suite à la libération de Vendeville par les anglais le 13 octobre 1918, il faudra deux  ou trois ans pour revenir à une situation normale. A l’école les enfants mangent  des biscuits vitaminés. En décembre 1919, la farine est contingentée et son attribution surveillée par le maire, en juin 1920, le boulanger doit faire une demande de charbon pour chauffer son four. Des vêtements, au début des surplus militaire de toute provenance sont attribués à la commune en mars 1919, des brodequins (parmi lesquels quatre paires de demi bottes russes), des couvertures U.S.M.C. (marine américaine), des maillots et des chandails. Il faut attendre le mois de mai pour recevoir des chaussures civiles et des pointures d’enfant. En 1920, il faut faire creuser un nouveau puits dans la cour de l’école car avant de partir les allemands ont rendu inutilisable celui qui nous servait, en le contaminant. Le 11 novembre 1920 un arbre d’Alsace est planté lors de la cérémonie.

Nos anciens ont vécu une période difficile qui a duré six ans. Tout n’était pas réglé le soir du 11 novembre 1918 et nous devons rendre hommage au travail des élus municipaux qui n’ont pas ménagé leur peine face aux exigences des occupants et aux besoins d’une population qui ne recevait au mieux que la moitié des besoins alimentaires.

Origine des documents : Archives départementales et diverses collections privées


LA CIRCULATION DANS LES RUES DE LA COMMUNE EN 1920

LE PROBLÈME NE DATE PAS D’HIER !
Il n’était pas question de limiter la vitesse à 30 km/h comme en atteste cet extrait :
Arrêté du maire du 19 mars 1920.
Considérant que le passage dans les rues de la commune à une allure excessive des automobiles, motocyclettes, vélocipèdes et autres véhicules est une source de gêne et de danger pour la circulation.
Arrêté
Article 1er : La vitesse maximum des automobiles et véhicules à moteur mécanique (omnibus, voitures, voiturettes, locomotives routières, motocyclettes, tricycles), des bicyclettes, voitures attelées et cavaliers circulant sur toute l’étendue du village, ne pourra excéder l’allure d’un cheval au petit trot attelé ou monté, et en aucun cas celle de douze kilomètres à l’heure .
Article 2 : Cette vitesse devra être ramenée à celle d’un homme marchant au pas, dans les passages étroits et encombrés ainsi qu’au tournant des rues et places.
Article 3 : Tout conducteur de véhicule à moteur mécanique est tenu de ralentir et même d’arrêter le mouvement de son véhicule toutes les fois que son passage pourra être une source de désordre, d’accident ou de gêne pour la circulation.
Signé du maire Edouard Pasbecq le 19 mars 1920 et de la préfecture le 11 aout 1920.


VENDEVILLE LE 28 MAI 1940

  Le 28 mai 1940, les troupes françaises sont sur le point d’être encerclées à Lille. Le Capitaine de Hautecloque, qui va bientôt être plus connu sous le nom de Leclerc, tient au Général Musse les propos suivants :

« Je ne veux pas être prisonnier, mon rôle comme officier d’état major sans troupes est devenu inutile ; m’autorisez-vous à tenter ma chance ? » Le Général Musse acquiesce.

Son chemin vers l’Espagne passe par Vendeville comme en atteste le texte de ses carnets.

« Je me portais à la lisière sud de Lille, comptant attendre la nuit .Voyant que l’ennemi ne pressait que faiblement, je poussais jusque Fâches et Vendeville. A la sortie sud du village, je me jette dans un champ de seigle et assiste à la manœuvre d’une colonne motorisée allemande. Celle-ci comprenait cinq à six chars, trois à quatre camions chargés d’hommes, trois à quatre camions remorquant des armes antichars. Voyant qu’un combat très violent se déroulait dans la région de Wattignies, la colonne abandonne son axe de marche et pousse sur Wattignies. Une heure plus tard, le combat de Wattignies est terminé.

Des éléments d’infanterie et d’artillerie passent de part et d’autre de mon champ de seigle, m’obligeant à y rester. Je suis frappé par la consommation extraordinaire de munitions faite par les armes automatiques dans la région de Lesquin ».

Document : Archives Leclerc. Mémorial Leclerc/Musée Jean Moulin Ville de Paris.


1941, LA D.C.A DE VENDEVILLE

1.  2.  3. 

4.  5.  6.

1. Vue générale de l’aérodrome ; le point marqué TSF correspond au bas du pont de l’autoroute qui dessert Auchan.

2. La batterie de Vendeville après un bombardement. Cette vue correspond au tiers supérieur gauche de la photo 1. Pour se repérer, sur la gauche de la photo, la route tracée en blanc dans le tiers haut reliait Vendeville à Lesquin. L’autre route est le chemin des Dingles qui avait son point de départ à la Chiconnière.

3. et 4. Tirs de nuit photographiés par un habitant de Lesquin.

5. Le personnel nécessaire à la mise en œuvre d’un canon de 88

6. Les aviateurs Josef Priller et Adolf Glunz discutent au pied de l’antenne T.S.F de Vendeville

Pendant l’occupation allemande, le site le plus important de Défense Contre Avion – D.C.A (artillerie anti-aérienne, « Flak » en allemand) de l’aérodrome de Lesquin se situait sur le territoire de Vendeville, à proximité de la salle des fêtes La Chiconnière. Le terrain d’aviation est alors dénommé Flugplatz Lille-Vendeville. Il est défendu par un bataillon d’artilleurs.

Au cours du conflit différentes unités vont se succéder.

En 1941, le 363ème Flak Abteilung (363ème bataillon d’artillerie anti-aérienne) commandé par le Hauptmann (capitaine) Jünger Von Bonin déploie un matériel  conséquent.

  • 3 batteries de 6 canons lourds de 88 mm
  • 4 batteries de canons légers de 37 mm et de 50 mm
  • 4 batteries de canons légers de 20 mm multitubes

Les tirs de chaque batterie sont dirigés par un télémètre et de nombreux projecteurs explorent le ciel pendant les alertes.

En mars 1944, la 294ème Flak Abteilung aligne 5 batteries de 6 canons lourds de 88 mm et 15 positions d’artillerie légère de 2,4 ou 6 pièces. Pour être toujours disponibles, les soldats logeaient dans des baraquements à proximité des installations.

Sur le site de Vendeville, il y avait 12 canons lourds de 88 mm disposés par groupe de 6 en hexagone avec un télépointeur central ainsi que 6 canons de Flak légers. Les pièces étaient installées à demeure dans des encuvements, semi enterrés, protégés par une levée de terre. En 1944, le site est dévasté par un bombardement et les pièces d’artillerie lourde déplacées sur la drève d’Enchemont.

Le deuxième poste de Flak de Vendeville était situé dans le  fort. Il ne comportait que 6 multitubes de 20 mm et des mitrailleuses protégées par des sacs de terre.

A proximité, deux autres postes de D.C.A, l’un proche du fort, mais sur le territoire d’Avelin au lieu-dit la Longue Base, l’autre sur le territoire de Faches à la Tuerie, près de l’étang de pêche. Ce n’est pas pour une raison historique que cet emplacement porte ce nom, mais plus prosaïquement parce qu’il y avait un abattoir.

Maintes fois la position d’artillerie de Vendeville a été bombardée. Les habitants se sont réfugiés dans les catiches. A l’entrée de l’église une plaque votive indique que la commune n’a eu à déplorer aucun mort du fait des bombardements, l’édifice à quelques centaines de mètres de la position d’artillerie n’a pas subi de dégâts.

Les documents photographiques m’ont été gracieusement communiqués par Pierre-Antoine COUROUBLE auteur du livre « Lille Lesquin d’hier à aujourd’hui ».


VENDEVILLE LE DIMANCHE 3 SEPTEMBRE 1944

Les anglais libèrent Vendeville

Le 3 septembre 1944 les blindés anglais libèrent Vendeville, le Pévèle à l’est de Pont à Marcq et Fretin quant à lui l’a été par les américains.

Le partage des tâches au nord de Paris s’est effectué de la manière suivante :

  • Les canadiens, à l’ouest ont pour mission de libérer les ports.
  • Les anglais du 21° groupe d’armées, commandés par Montgomery, progressent sur la rive gauche de l’Escaut, sur le trajet : Compiègne, Amiens, Douai, Lille Anvers
  • Les américains du 12° groupe d’armées, commandés par Bradley progressent à droite de l’Escaut sur l’axe St Quentin Maubeuge Charleroi (1ère armée US, Hodges) et sur l’axe Reims Luxembourg (3°armée US, Patton).

La progression des anglais de Montgomery et des américains de Bradley coupent la retraite de la 15° armée allemande.

Les alliés sont à 600 km du point de débarquement des carburants. Le 12° Groupe d’armées US a besoin de 3 600 000 L d’essence par jour, il n’en reçoit que 1 400 000 L. Du 30 août au 1er septembre, les américains sont bloqués dans leur progression par le manque de carburant. La prise d’Anvers est le seul moyen de remédier à ce problème logistique.

Selon les services de renseignement il y a 180 000 allemands aux environs de Tournai. Une opération aéroportée, Lynnet 1 est prévue sur  le triangle Lille Tournai Courtrai à partir de la région de Londres. Pour des raisons officiellement météorologiques, l’opération est annulée et l’essence prévue, reversée aux américains de Bradley au grand dam de Montgomery.

Profitant de ce carburant, le 2 septembre les américains sont à 10h00 à Cambrai,  17h00 à Valenciennes et 23h00 à Tournai, les réservoirs vides. Ils ont obliqué leur route  vers le nord à partir de St Quentin  et sont intervenus dans la zone des anglais. Les anglais attendent en vain à Douai le résultat des parachutages et n’atteignent Seclin qu’en fin de journée.

Dans la nuit du 1er au 2, les 2 000 allemands qui occupent la citadelle évacuent. La ville se soulève grâce aux armes abandonnées et les résistants s’opposent aux détachements allemands qui essaient de traverser la ville pour retraiter. Les combats font 50 morts et 600 blessés chez les lillois.

Le 3, vers 11h00, les blindés anglais venant de Seclin où ils ont rencontré une forte résistance en artillerie, sept canons de 88 leurs barrent la route, traversent Templemars puis Vendeville. Il semblerait qu’un point d’appui avec un canon ait été mis en place rue de Wattignies en direction de la route de Templemars. Comme dans tous les villages, une dizaine d’allemands se rendent aux F.F.I. qui les remettront aux anglais. Lille est contourné, pour rejoindre Anvers le plus vite possible, le premier véhicule anglais n’y entrera que vers 17h00.

1. 2.  3.  4.

5.

LÉGENDE DES PHOTOS

Nous disposons à ce jour de cinq photographies de la rue de Seclin, trois se situent au carrefour de la rue de Wattignies et deux au carrefour de la rue de Fâches. Elles ont 8 cm de hauteur et 5 cm de large et nous ne disposons plus des négatifs, elles sont cependant riches d’enseignements.

PHOTO N°1 : « Half Track » bâché qui porte un drapeau, passe devant la ferme Ruscart. Actuellement une haie cache la maison. Le long du mur en rouges barres, des spectateurs sur le trottoir.

PHOTO N°2 : « Stuart 5 Kangaroo » Ce char est utilisé sans tourelle comme transport de troupes car le blindage est beaucoup plus conséquent que sur le véhicule précédent. Les tuiles de la ferme sont nettes, le véhicule roule, l’équipage salue les spectateurs.

PHOTO N°3: «Sherman A.R.V» (Armoured Recovery Vehicle). L’équipage de cet engin rarement photographié a stoppé et pris la pose. Derrière le char, on reconnait le toit de la ferme. Ce véhicule est destiné à tracter les chars embourbés. Au milieu du bric à brac fixé à l’avant, émerge à droite le canon de la mitrailleuse de 30.

PHOTO N°4 : «25 Pdr Sexton». Ce canon de 88mm automoteur (25 tonnes) passe devant la ferme Buisine.

PHOTO N°5 : Transport de troupes « Universal Carrier ». Le photographe a changé de coté de rue, l’assistance est nombreuse on reconnait la façade  de la maison. Sur la tourelle, le personnage au milieu du groupe porte un képi, il tient un fusil, ce ne peut pas être un anglais .A sa droite deux autres civils, l’un nu-tête, en chemise blanche, l’autre assis porte aussi un képi et un brassard. Qui sont-ils ?


JUSQU’EN 1951, IL Y A EU DES COMBATS DE COQS A VENDEVILLE

La tradition du combat de coqs est ancienne dans notre commune. Elle est attestée par deux assiettes d’étain, prix de concours :
La plus ancienne, sur laquelle est gravé « C. Villette reine à Vendeville 1858 », peut être attribuée à Catherine Césarine Joseph VILLETTE (1814-1894) épouse de César, Édouard PASBECQ en 1836, dont les descendants continueront la tradition de coqueleux, Charles PASBECQ, au milieu sur la photo est l’un de ses descendants.


L’autre assiette, du même fabriquant, mentionne que le titre de roi des coqueleurs a été attribué à Cornil VANDERBEKEN en 1879. Sa famille a occupé la ferme de Rousse Patte, démolie dans les années 40, lors de la construction de terrain d’aviation.
Sur la commune, il y avait deux gallodromes, l’un dans la cour du restaurant aujourd’hui « Le Bon Accueil », l’autre à la Pissatière où le dernier combat eu lieu en 1951.
Les coqueleux élevaient des coqs de combat issus de croisement de faisans et de poules, dans des box individuels du fait de leur agressivité. Les animaux disposaient d’une alimentation d’athlète. Très jeunes, leur combattivité était testée devant un miroir, si elle était insuffisante, leur carrière cessait immédiatement.
Le dimanche après-midi, les propriétaires les transportaient au gallodrome dans un sac de toile garni de paille. Dans l’enclos de grillage de 6m sur 3, les coqs se volaient littéralement dans les plumes en cherchant à planter leurs ergots armés d’un éperon d’acier de 5cm dans le corps de l’adversaire. L’affrontement, sur lequel de nombreux spectateurs pariaient de manière verbale mais toujours respectés, était limité à 6 minutes. Bien souvent, le perdant finissait à la casserole.
   


EN OCTOBRE 2015, VOUS AVIEZ RENDEZ-VOUS AVEC L’HISTOIRE

Balade historique du 4 octobre 2015
Trente curieux d’histoire locale sont allés à la recherche des fermes de Vendeville.
Les fermes à cour carrée datent du milieu du 19ème siècle et comportent des éléments beaucoup plus anciens en rouges barres composés de briques et de moellons de calcaire.
Après la période difficile des guerres de l’empire, la prospérité revient, le prix de la terre est multiplié par trois entre 1815 et 1881, ce qui explique les constructions. Toutefois si quatre exploitations ont quatre chevaux ou plus, les quatorze autres n’en n’ont qu’un ou deux, une taille limite pour être rentable.
A l’aube du 20ème siècle, déjà la mondialisation de la production des céréales provoque une chute des cours de 30%. Beaucoup de fermiers de Vendeville qui louent des terres pour travailler, ne peuvent plus vivre de leurs exploitations. Celles-ci sont reprises par des belges de la région d’Ypres qui seront rejoints par la suite, par des cousins dont la ferme fut détruite lors du premier conflit mondial. En 1926, plus de 2 fermes sur trois sont exploitées par des belges.
Les dommages de la guerre et les prêts bonifiés accordés aux anciens combattants suite aux deux conflits ont relancé la construction des bâtiments agricoles.
Entre 1931 et 1935, les cours du blé s’effondrent a nouveau de 50%.
Après guerre, la culture des chicons de terre a permis un temps aux petites exploitations de subsister. Le choix d’appeler la salle des fêtes « la Chiconnière », nous rappelle cette époque. De nombreux bâtiments existent toujours mais aujourd’hui, il ne reste que deux fermiers sur la commune de Vendeville.

Conférence et projection du 21 octobre 2015
Mercredi soir, Pierre-Antoine Courouble et Vincent LOISEL ont commenté à deux voix, les photographies que M. COUROUBLE a utilisées pour son livre « Lesquin d’hier à aujourd’hui ».
Lors de cette conférence M. COUROUBLE a développé l’histoire générale du terrain d’aviation tandis que M. LOISEL lui donnait la réplique sur les détails concernant Vendeville. (A Savoir : Vincent LOISEL a contribué à la rédaction du chapitre sur la vie de la commune pendant la seconde guerre mondiale)
L’aérodrome, du fait de sa proximité avec le Village, était désigné par les allemands sous le nom de Flugplatz* Lille – Vendeville. De nombreux soldats ont résidé dans la commune qui comportait une Kommandantur**. La majeure partie de la D.C.A (Défense Contre les Avions), dont six canons de 88 à longue portée, était implantée sur le site de l’enseigne Careco, rue de Seclin.
En 1943, le poste de commandement de l’aérodrome est déplacé pour être au plus près de la D.C.A à l’emplacement de la bretelle d’accès du centre commercial. Les quantités de bombes larguées sur l’aérodrome sont colossales, le bombardement du 1er décembre 1943 a vu la mise en œuvre de 630 bombes de 150kg.
Pourtant, comme le rappelle la plaque se trouvant à l’entrée de l’église, aucun habitant de Vendeville n’a été victime pendant ce conflit. En effet, les avions évitaient de survoler directement les canons donc ils ne passaient pas au-dessus du village. Dans les jours qui suivent la Libération, une unité polonaise de la Royal Air Force occupe le terrain rebaptisé Airfield B51 Lille Vendeville.

Mairie de Vendeville, Rue de Seclin, 59175 Vendeville. Tél: 03.20.16.84.84 | Fax: 03.20.16.84.85 | Horaires d’ouverture : lundi 9h-12h / 13h-18h30 Mardi 13h-17h et du mercredi au vendredi 9h-12h / 13h-17h | Copyright © 2006 – 2017

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